Carnets d'Asie

By Gabrielle Wittkop

Carnets d’Asie oscille entre le magazine de voyage et l’intime expérience extrême-orientale : chaque récit nous plonge avec une sensibilité exacerbée dans des cultures, des épopées mythiques, des instants de vie uniques.

Show description

Quick preview of Carnets d'Asie PDF

Show sample text content

Malacca pleure sans bruit sur ses graphics d’antan, cartes étoilées de roses des vents, parcourues de galiotes, hachurées du jet des physetères, bouillonnantes autour du narval qui est licorne de mer. Estampes, monnaies frappées, cuirasses qui rouillent mais l’histoire, elle, d’abord nimbée de mythes avant que l. a. chevelure des pinceaux chinois hint le nom d’un � vaste port advertisement payant tribut au roi de Siam » et bien avant même que Parameswara, souverain de Tumasek, y vienne établir les premières bases d’un empire malais.

Jeune, vêtu à l’européenne, l’air triste, l’instituteur de l’unique village vient à notre rencontre. Avec quelques insulaires, il va nous conduire au lieu fréquenté des varans. Suivant l. a. piste tracée par les collecteurs de bois, nous traversons des savanes dont les hautes herbes semblent sur le aspect de s’enflammer. C’est l. a. saison sèche et, de mars à octobre, le paysage rappelle celui de l’Australie. Des essaims de petits cacatoès s’élèvent des acacias couleur de cendre, des buissons épineux ou des arbres morts qui dressent leur squelette blanc sur le fond violet des remparts volcaniques.

Lombok, c’est l. a. petite sœur de Bali, m’a dit une Balinaise. – Surtout n’allez pas à Lombok où il n’y a rien à voir, m’a dit le gardien du musée de Denpasar. Les habitants sont de méchantes gens et, contrairement à ce qu’ils prétendent, Lombok ne signifie pas du tout l’« Honnête », mais caractérise simplement un petit piment rouge. Naturellement j’irai à Lombok qui, à peine visitée jusqu’à présent, mérite peut-être d’être appelée l’Honnête. Pour combien de temps encore ? … motor vehicle il est toujours à craindre qu’une petite sœur prenne le même chemin que son aînée.

Souvent, sans le voir je le sais proche, bien qu’il mugisse rarement, j’entends sa cloche de bambou, klok, klok, klok, l. a. voix d’un paysage. motor vehicle le bambou lui aussi est omniprésent et sans doute son emploi remonte-t-il à l. a. préhistoire, au temps des premiers pièges. Les origines de son nom demeurent obscures, pourtant vers 400 avant J. -C. , Ktesias, médecin du roi de Perse Artaxerxès Mnémon, fait point out d’une plante nommée bambou. Même si les filets à provisions en fibres de bambou qu’on voyait il y a quarante ans ont depuis longtemps été remplacés par des sacs de plastique, les cages, les leviers de puits, les boîtes, les armes, les tuyaux d’adduction, les jouets, les jougs, les passerelles, les clôtures, l. a. maisonnette des W.

Morve, rouille, pouille, comme en Inde ou en Amérique du Sud. Les chaotiques architectures de planches et de carton goudronné se penchent sur un entonnoir de poussière jaune où sont parqués des bus. Un saphir airplane entre ciel et terre, beaucoup trop cher ou pas assez. C’est un village des Meo – ou Hmong, comme ils se nomment eux-mêmes –, une des tribus minoritaires et animistes qui, comme les Yao, les Lisu, les Akha, les Karen, vinrent de Chine méridionale au XIXe siècle, portant leurs vivres et leurs armes à dos d’homme à travers les fourrés de bambou, jusque sur les hauts plateaux de l. a. Thaïlande septentrionale.

Download PDF sample

Rated 4.74 of 5 – based on 37 votes